Stress, anxiété, fatigue

Le premier réflexe : magnésium!

Stress, anxiété, fatigue : le premier réflexe, le magnésium

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Suite aux évènements qui ont bouleversé notre société, il est important de comprendre les mécanismes du stress et comment garder plus facilement sa balance sans prendre de médicaments.

La fatigue et le stress en tête des causes de consultation

La fatigue, les troubles musculo-squelettiques  - dont beaucoup sont algiques, comme les maux de dos, de cou ou de tête -, les perturbations cardiovasculaires, digestives, du sommeil, l’intolérance au bruit, l’anxiété... liées au stress figurent largement en tête des plaintes  des patients.

Le facteur stress dans la physiopathologie et la thérapeutique

Par ailleurs un grand nombre d’études révèlent que la plupart des pathologies organiques sont aussi liées à des baisses d’énergie et des stress qui jouent à la fois des rôles en tant que co-facteurs et aggravateurs. Par exemple l’eczéma, l’asthme,  le psoriasis,  la colopathie, la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, la polykystose ovarienne, l’infertilité, l’hyperthyroïdie...C’est aussi le cas de la vulnérabilité aux infections, des pathologies inflammatoires, de l’hypertension, des arythmies, des infarctus ou de la récidive du cancer du sein.  La part du stress est encore plus marquante dans les pathologies psychiatriques : l’alcoolisme, la dépression, les accès psychotiques...Ces troubles et pathologies sont elles-mêmes vécues comme des stress. Ce qui entraîne des cercles vicieux interférant avec l’efficacité des traitements. L’amplitude surprenante des effets placebo et nocebo (au minimum 30%) rend compte de l’importance des mécanismes du stress dans la physiopathologie.

Les réponses médicamenteuses sont inappropriées, insuffisantes ou dangereuses

Or les mécanismes du stress et leur prise en charge thérapeutique n’est pas encore au programme des études médicales. Il en résulte des réponses, le plus souvent médicamenteuses, inappropriées ou insuffisantes  : anti-asthéniques, décontracturants, antalgiques, anti-inflammatoires, anxiolytiques, hypnotiques, anti-dépresseurs, bêta-bloquants, inhibiteurs de la pompe à protons, anti-cholérétiques, laxatifs, etc, etc....

Non seulement ces médications purement symptomatiques ne répondent pas à la physiopathologie de la fatigue et des manifestations très variées du stress, mais elles ont des effets secondaires. On comptabilise chaque année, en France, plusieurs millions de journées d’hospitalisation dûes aux effets iatrogènes et environ, 20 000 décès. Auxquels s’ajoutent les 750 000 infections nosocomiales contractées à l’hôpital, associées à environ 10 000 décès.

Un Français sur quatre et un senior sur trois est sous psychotrope et les chiffres ne cessent d’augmenter.

La consommation des benzodiazépines expose à des troubles de la mémoire (amnésie antérograde qui est la perte de la mémoire des faits récents) et une altération des fonctions psychomotrices pouvant survenir dans les heures suivant la prise (ex. risque de chutes).

Elle peut également entraîner un syndrome associant des troubles du comportement et de la mémoire et une altération de l’état de conscience. Peuvent être ainsi observés les effets suivants: aggravation de l’insomnie, cauchemars, agitation, nervosité, idées délirantes... et des dépendances.

Selon la Haute Autorité de Santé « la prescription des anxiolytiques et/ou hypnotiques (benzodiazépines et apparentés pour l'essentiel) est un problème de santé majeur et complexe, particulièrement chez les sujets âgés : plus d'un tiers des personnes de plus de 75 ans fait usage de ces médicaments psychotropes en France, tandis que ces médicaments sont à l’origine d’une iatrogénie importante (chutes, confusions, sédation excessive…) et hospitalisations indues. La consommation chronique de ces médicaments accélère la survenue des démences »

La plus grosse consommation en France de médicaments concerne les antalgiques, de plus en plus en auto-médication. Le surdosage en paracétamol est responsable de nombreux décès et est la première cause de greffe hépatique en France.

Mais en dehors des surdosages, le paracétamol entraîne une baisse du glutathion hépatique, engendrant une vulnérabilité à tous les stress toxiques et infectieux (le glutathion est le détoxifiant universel etv les globules blancs sont activés par le glutathion). Et l’aspirine inhibe l’absorption et augmente l’excrétion urinaire de la vitamine C.

L’aspirine et les AINS sont une cause majeure d’accidents hémorragiques.

Quant aux anti-asthéniques de tous ordres, à commencer par la caféine qui augmente les pertes urinaires de magnésium (et de calcium), accroît les risques d’arythmie, stimule la sécrétion d’histamine par la paroi gastrique, entraînant une inflammation du tube digestif... ils concerneraient un Français sur deux. Dopants, anxiolytiques ou bêta-bloquants sont pris par un étudiant sur cinq avant les examens.

Les effets secondaires des bêta-bloquants, très fréquents, sont : fatigabilité, somnolence, bradycardie, hypotension, bronchoconstriction, éruptions cutanées, impuissance...

Les réponses médicamenteuses ne doivent plus passer au premier plan

Suite aux scandales répétés concernant plusieurs médicaments : Vioxx, Avandia, Mediator, etc..., la Haute Autorité de Santé a demandé de « sortir du tout médicament » et de donner une place de premier plan à la prescription nutritionnelle, d’activités physiques, d’outils de gestion psychologiques... Il est temps que le médecin soit en position de faire des ordonnances plus globales, incluant ces dimensions, comme le recommandent le Pr Vincent Renard, Président du Collège National des Généralistes Enseignants et récemment l’Académie de Médecine.

Physiopathologie moléculaire de la fatigue

L’énergie repose sur une triade : les calories, l’oxygène pour les brûler et les coenzymes qui permettent le passage des calories, via la glycolyse et la bêta-oxydation, le cycle de Krebs et la respiration mitochondriale : ce sont le magnésium et les vitamines B.

Le magnésium, est, depuis l’invention de la photosynthèse dans les micro-algues, le catalyseur universel dans le domaine du vivant de la production d’énergie.

Causes et traitement des fatigues

Les causes de fatigue sont quasiment toujours multifactorielles : surmenage, troubles du sommeil, stress, maladie, etc...

Mais quelle que soit les causes, la restauration passe par l’optimisation de la triade calories-oxygène-magnésium-vitamines B.

L’optimisation des apports caloriques repose sur la répartition plus équilibrée des repas : petit déjeuner complet à dominante protéinée, déjeuner aux proportions protéines/glucides égales, dîner léger à dominante glucidique ainsi que sur la réduction des glucides rapides au profit des glucides lents, et des acides gras saturés et trans au profit des acides gras oméga trois (huile de colza pour assaisonner et poissons gras marinés, vapeur ou pochés – les oméga trois sont les plus faciles à brûler dans les mitochondries mais ils sont altérés par la chaleur).

Les déficits en vitamines B – sont concernées principalement les vitamines B1, B2 et PP -, ne touchent qu’une minorité des patients. Le facteur le plus commun et le plus méconnu est le déficit magnésien.

Selon les données les plus récentes 1000 calories apportent 120 mg de magnésium. La moyenne de l’apport calorique chez la femme étant de 1700 calories, elle en reçoit 204 mg et l’homme (sur une base de 2200 calories) 264 au lieu des recommandations qui ont été fixées pour l’Europe à 375 mg et pour les Etats-Unis à 420 mg par jour. Les apports magnésiens par l’alimentation sont donc quotidiennement trop courts de 100 à 220 mg. Nous verrons que s’ajoute à ce manque d’apport un phénomène de surutilisation par le stress qui augmente l’excrétion urinaire du magnésium.

Le déficit en magnésium touche donc l’ensemble de la population de façon plus ou moins intense.

Sur le plan de la physiopathologie moléculaire, la première cause de fatigue est le déficit en magnésium.

La priorité, pour lutter contre les fatigues de tous ordres, est donc de prescrire une cure correctrice des déficits en magnésium. Elle doit être associée aux consignes d’optimisation des apports caloriques et en oxygène. Dans certains cas, par exemple de tension pulsionnelle élevée, (dysfonction sérotoninergique) elle est complétée par une cure correctrice de déficits en vitamines B, et plus rarement, en cas d’objectivation par les analyses d’un manque de fer, à des conseils d’augmentation d’aliments riches en fer comme les viandes rouges et le foie.

Les mécanismes du stress et de l’anxiété

Le stress est lié à une menace potentielle sur le territoire nécessaire pour la survie de l’individu ou de l’espèce (sécurité, nourriture, sexualité). Le bruit, même subliminal, entraîne une mobilisation de la vigilance via la noradrénaline du locus coeruleus (au coeur du cerveau pulsionnel, dit “reptilien”). Une hypernoradrénergie prolongée du locus coeruleus est associée à une hyper-vigilance non nécessaire, ce qu’on appelle l’anxiété. S’ajoutent à cette hypernoradrénergie des inhibitions des circuits neuronaux sédatifs : gabaergiques, sérotoninergiques et taurinergiques et une activation des circuits associés aux neuromédiateurs dits “excitotoxiques” : aspartate et glutamate et de l’axe hypothalamo-hypophysaire, menant à l’élévation du cortisol circulant.

Mais la vigilance ne sert en rien sans une mobilisation de l’ensemble du corps afin de pouvoir donner une réponse concrète à une menace (qu’elle soit réelle ou non). Lorsque l’on claque dans ses mains les pigeons s’envolent. Pour ce faire les glandes surrénales émettent aussi de la noradrénaline. Cette dernière va mettre les muscles en tension, mais aussi les cellules musculaires lisses des organes internes et des vaisseaux pour fermer les sphincters (les activités de digestion et d’excrétion sont inopportunes en situation d’urgence) et une montée de la tension artérielle (qui accroît le débit cérébral sanguin).

La noradrénaline va aussi libérer l’énergie nécessaire pour faire face à la situation d’urgence : augmentation de la glycémie, via la glycogénolyse, des acides gras circulants via la lipolyse, bronchodilatation pour permettre une consommation d’oxygène supérieure (d’où l’usage des bêta-mimétiques dans l’asthme), accélération du rythme cardiaque pour délivrer plus vite calories et oxygène aux  muscles.

La noradrénaline ne pouvant pas traverser les membranes lipidiques des cellules, son signal est relayé par deux “second messagers” : le calcium qui provoque les contractions musculaires et corollaires et l’AMPc qui élève le niveau interne de dépense énergétique à l’intérieur des cellules.

Le cercle vicieux du stress et de la fatigue

Lorsque le calcium entre massivement dans la cellule il entraîne une sortie de magnésium des cellules.

Le magnésium étant vital, la cellule possède de nombreux transporteurs pour en recapter le maximum. Mais le recaptage n’étant pas total, le magnésium circulant augmente. Le rein, dont le rôle est d’éliminer les déchets comme l’urée , et de conserver l’homéostasie des niveaux sanguins des molécules utiles comme les minéraux, les vitamines, les acides aminés, les hormones... fait passer dans les urines le magnésium en excès.

Les stress répétés sont donc responsables d’une surutilisation de magnésium par déperdition urinaire qui aggrave les déficits de 100 à 220mg liés aux manques d’apports quotidiens par l’alimentation.

Or, le magnésium est l’inhibiteur calcique physiologique. C’est lui qui module la quantité de calcium qui entre sous l’effet de la noradrénaline. Si son niveau baisse, pour le même stress, la noradrénaline va faire entrer plus de calcium dans la cellule. Résultat : le stress a tendance à s’auto-amplifier.

Et ceci est d’autant plus marqué que le stress a coûté de l’énergie. Une énergie qui le plus souvent n’est pas utilisée. Si le chauffeur de bus klaxonne à cause d’une voiture qui bloque la circulation, le piéton ne se met pas à fuir ou à frapper le conducteur. Cette énergie mobilisée se retourne contre lui sous forme de tensions musculaires, d’agitation du tube digestif, d’éréthisme cardiovasculaire....

Par ailleurs la déperdition d’énergie fatigue, mais plus grave, le catalyseur essentiel pour produire l’ATP, le magnésium, est moins disponible, ce qui entraîne non plus de la fatigue réparable, mais de la fatigabilité, une baisse de capacité à produire de l’énergie.

Si l’on se sent plein d’énergie, quelle que soit la situation, on se sent capable de faire face. En cas de fatigue, le plus souvent associée à des sensations inconfortables de tensions et douleurs musculaires, de spasmes digestifs, on est vulnérabilisé.

La première fois que l’on passe devant une porte qui claque, le coeur s’accélère, les muscles se tendent. On ne s’en aperçoit même pas. Mais la centième fois, on peut sursauter, ressentir des troubles digestifs (de l’aérophagie, une pesanteur ou de l’acidité gastrique, des ballonnements, un spasme vésiculaire), avoir des palpitations, déclencher une céphalée...

A l’époque où la prise de magnésium était moins connue, cette auto-amplification du stress menait souvent à des crises de « tétanie », en particulier chez les dits « spasmophiles » (aujourd’hui reconnus comme de mauvais recapteurs génétiques du magnésium cellulaire). Aujourd’hui que ces personnes savent pour la plupart qu’elles doivent prendre du magnésium, on voit plutôt une amplification plus lente, mais plus durable, associée à du « burn-out » dans une sous-population à tendance « perfectionniste », qui se traduit par des dépressions et des syndromes de fatigue chronique, souvent associés à des douleurs, de l’inflammation et une immuno-dépression : la fibromyalgie.

L’augmentation du niveau de stress et ses conséquences

Or la vie quotidienne aujourd’hui en milieu urbain, dans les transports, au travail, est constellée de bruits, de stimuli variés et divers qui ne nous concernent pas et de tensions multipliées par une situation internationale de crise économique et d’incertitudes sur de nombreux plans : terrorisme, énergie, climat,  pollution, etc...

Le stress est devenu un véritable épiphénomène de nos sociétés dans lesquelles il s’est, ces dernières années considérablement amplifié.

Alors que seule une population très restreinte était concernée par ce qu’on a appelé successivement « hystérie », « névrose », « troubles psychosomatiques », « psychasthénie », « spasmophilie » avec son aboutissement le plus spectaculaire, la crise de tétanie, on assiste à une véritable épidémie de troubles musculo-squelettiques devenus l’un des premiers postes de dépenses de santé, de dépressions et de fibromyalgie, un syndrome de fatigue chronique algique, résultat d’une accumulation de stress aigues et chroniques.

Le stress, la fatigue et leurs manifestations multiples, ainsi que les pathologies qui y sont associées, ont augmenté dans toutes les catégories de populations : enfants, adolescents – parmi les plus touchés -, ouvriers, cadres, professions libérales, seniors....

Parmi les chiffres publiés on relève que

23% des Français se sentent stressés tous les jours ou presque
52% connaissent des problèmes de sommeil à cause du stress
47% ressentent une fatigue fréquente qu'ils estiment due au stress (Ipsos, 2008)

selon une étude menée par l'INRS et Arts et Métiers Paris Tech, le coût social du stress professionnel en France se serait élevé en 2007, a minima, à 2 à 3 milliards d'euros (INRS, 2010) alors qu’il était évalué à entre 800 millions et 1,6 milliards par le même institut en 2008

- Le stress est le deuxième problème de santé le plus répandu dans le monde  du travail, il touche 22 % des travailleurs de l’Europe des 27 

Les études indiquent que le stress est à l’origine de 50 à 60 % de l’absentéisme. Cela représente des coûts énormes, tant en termes de souffrance humaine qu’en raison de la réduction des performances économiques (EU-Osha, 2009)
64% des travailleurs déclarent éprouver des symptômes de stress, mais seuls 6% des travailleurs ont affirmé consulter la médecine du travail lors d’un stress d’origine professionnel (Anact)

- 37% ressentent une fatigue importante (60% chez les personnes stressées)

- 29% se disent victimes de tensions musculaires (Anact/CSA, 2009)      

- En France, les troubles musculo-squelettiques représentent la première cause de maladie professionnelle reconnue avec 43 000 cas en 2011, soit une augmentation de près de 10% par rapport à 2010 (Assurance Maladie, 2011)

- 44% des salariés stressés souffrent de troubles du sommeil (Anact/CSA, 2009)

80% des sondés sont préoccupés par "le stress au travail" et ne seraient pas étonnés que la vague de suicides, à laquelle nous sommes tous confrontés actuellement, s'étende à d'autres entreprises (Obéa-Infraforces, 2009)

- Au moins 1 million de personnes se suicident chaque année dans le monde (OMS)

- La proportion de suicides augmente chez les jeunes depuis 50 ans environ.

En France, le suicide représente la 2ème cause de mortalité chez les 15-24 ans et la première chez les 25-34 ans.

- Les personnes sans emploi se suicident davantage que celles qui travaillent. Or le chômage n’a jamais été aussi élevé en France.

Les professions médicales ou para-médicales, semblent augmenter le risque de suicide (elles ont facilement accès aux médicaments) (www.pratis.com)
74% des étudiants s'avouent stressés (Ifop, 2009), 35,4% d’entre eux déclarent avoir des difficultés à gérer leur stress  (Csa/Smerep, 2009)

Certains de ces effets s’expliquent par le fait que le magnésium n’est pas seulement le catalyseur principal de la production d’ATP et le modulateur des stress psychologiques par un effet « inhibiteur calcique » «(et aussi par des effets « bêta-bloquants »), mais qu’il est le modulateur de la pompe à sodium (effet « anti-rétention d’eau » ), de l’entrée du fer dans les cellules (effets « anti-inflammatoires » et anti-prolifératifs des agents microbiens et des cellules cancéreuses), de l’entrée des métaux lourds dans les cellules (effets anti-toxiques), un modulateur de la dégranulation des mastocytes, elle aussi médiée par le calcium (effet « anti-histaminique »), un régulateur de l’activité lymphocytaire (autre mécanisme de l’effet « anti-inflammatoire »), un modulateur du récepteur NMDA impliqué dans l’épilepsie et la mort neuronale, etc....

Globalement, le magnésium a acquis à travers l’évolution deux fonctions majeures : d’un côté la production d’énergie et de l’autre la sauvegarde de l’énergie par la modulation des stress de tous ordres : thermique, toxique, inflammatoire... et psychologiques.

Il est un agent universel de conservation, ce qui explique que son déficit soit un facteur de perturbations et de pathologies de tous ordres.

La correction des déficits magnésiens devrait être un acte médical basique, au même titre que la prescription nutritionnelle et d’activité physique.

Magnésium et douleur

Le magnésium est connu de longue date comme analgésique et est fréquemment utilisé en traitement complémentaire des anesthésies.

Pour citer des études récentes en double aveugle :

chez des patientes subissant une hystérectomie, l’ajout de magnésium aux anesthésiques a prolongé les effets analgésiques par rapport au groupe n’ayant reçu que des anesthésiques (Nath et al)
et dans une étude sur une chirurgie orthopédique effectuée chez des enfants, l’adjonction de magnésium a permis la réduction des doses d’anesthésiants, comme d’analgésiques post-opératoires (Na et al).

La douleur est présente dans de nombreuses situations. Elle peut être liée à l’effort musculaire intense, à la fatigue qu’elle soit aigue ou chronique, comme dans la fibromyalgie, aux troubles musculosquelettiques (maux de tête, de cou, de dos...), aux traumatismes, à l’inflammation ou à des processus tumoraux, etc....

Il s’avère que le magnésium inhibe tous ses médiateurs périphériques ou centraux connus comme : la bradykinine, la substance P, l’histamine, les prostaglandines et les leucotriènes, les agonistes des récepteurs NMDA....

On utilise comme nouveau modèle de l’étude de la douleur des rats chez qui l’on provoque une carence magnésienne, un état réversible par des antagonistes des récepteurs NMDA (Dubray et al).

Dans des modèles de douleur sciatique, de neuropathie périphérique ou de neuropathie diabétique, le magnésium a un effet analgésique (Begon et al).

De nombreuses études cliniques ont objectivé une efficacité de l’administration de magnésium dans des états algiques, en particulier la migraine (Mauskop) et la fibromyalgie (Abraham, Bagis).

Facteurs augmentant les déficits en magnésium

La caféine présente, non seulement dans le café, mais dans des sodas, des boissons énergétisantes et des médicaments, réduit l’absorption du magnésium et augmente son excrétion urinaire.

Le phosphore produit avec le magnésium des précipitats insolubles et inhibe donc leur absorption. L’abus de produits laitiers,, la source principale de phosphore dans notre alimentation et de sodas industriels enrichis en acide phosphorique et dans lesquels s’ajoute souvent la caféine s’ajoutent à la longue liste des facteurs communs qui amplifient les déficits magnésiens.

La montée des oestrogènes est associée dans le cycle menstruel à une baisse secondaire du magnésium. Ce phénomène est plus marqué en cas de syndrome pré-menstruel ou de migraines péri-menstruelles, lors desquelles la supplémentation magnésienne  est efficace. Il l’est encore plus pendant la grossesse. Pilule et traitement hormonal substitutif ont des effets anti-magnésiens. Ceci explique que les femmes présentent globalement des déficits magnésiens et ses manifestations de façon plus intense que les hommes.

De nombreuses personnes cumulent plusieurs facteurs de déplétion :

- génétique

- alimentaire : apports pauvres en végétaux, source principale de magnésium, excès de café qui entraîne une perte urinaire augmentée, sodas industriels, place excessive des produits laitiers,

- stress....

Non seulement la prise de médicaments symptomatiques ne permet pas la correction du déficit, la restauration de la capacité de fabrication d’ATP et la modulation physiologique de l’hyper-réactivité aux stress de tous ordres, mais beaucoup l’aggravent, par exemple les inhibiteurs de la pompe à protons en cas de reflux gastro-oesophagien ou de gastrite, les diurétiques en cas d’hypertension... Or, le déficit magnésien est, entre autres, un facteur de sécrétion excessive d’acide chlorhydrique, de spasmes gastro-oesophagiens et de vasocontriction...

La non correction des déficits magnésiens, facteur physiopathologique très banal, entraîne l’installation de millions de patients dans des dépendances médicamenteuses inappropriées et associées à de véritables cercles vicieux.

La littérature médicale accumule par ailleurs de plus en plus de descriptions de cas sévères d’hypomagnésémie dûes à l’usage des inhibiteurs de la pompe à protons. Il est recommandé lorsqu’en cas d’infection à Helicobacter Pylori l’emploi de ces médicaments est indispensable d’associer une supplémentation en magnésium.

Conséquences de l’aggravation des déficits magnésiens

Les prédispositions héréditaires à mal recapter le magnésium, qui touchent entre 20 et 30% de la population, ne sont pas pas une pathologie, maisnun simple caractère d’hypersensibilité, un “tempérament d’artiste”.

Mais sous le double effet des stress et d’un déficit magnésien qui a tendance à s’auto-aggraver, associés à de nombreux facteurs aggravateurs comme la consommation fréquente de café, l’hyper-oestrogénie ou des médicaments, elles font le lit de ce qu’on a appelé dans le passé, “l’hystérie”, les troubles “psycho-somatiques”, la “psychasthénie” ou “neurasthénie”, la “névrose”, la “spasmophilie”, la fibromyalgie et les autres syndromes de fatigue chronique... et deviennent  aussi un facteur de risque de nombreuses pathologies neuro-musculaires, digestives, cardiovasculaires, allergiques et inflammatoires, respiratoires, rhumatologiques, dermatologiques, gynécologiques, métaboliques, dégénératives et neuro-psychiques, qui peuvent aller du plus bénin au plus sévère.

Ainsi, peut on passer d’un

- simple mal de cou à un torticolis,

- d’une tension lombaire à un lumbago,

- d’une crampe à une tendinite ou un claquage musculaire,

- de petites calcifications intra-articulaire à une péri-arthrite scapulo-humérale,

- d’une accélération de la perte des cheveux à une pelade,

- d’une broncho-constriction à un état de mal asthmatique,

- d’une colopathie à une recto-colite hémorragique,

- de mains froides et moites à un syndrome de Raynaud,

- d’une hypertension labile à une hypertension organique,

- d’un sifflement d’oreille à des acouphènes,

- d’acouphènes à une maladie de Ménière,

- d’un petit spasme coronarien à une angine de poitrine,

- d’une angine de poitrine à un infarctus,

- d’un accident vasculaire transitoire à un accident vasculaire cérébral,

- des palpitations à des arythmies cardiaques,

- d’une arythmie à une mort subite,

- de la nervosité (appelée aussi “irritable brain syndrom” ) à de l’hyperactivité ou de l’épilepsie,

- de l’hyperactivité à l’autisme,

- d’une attirance pour le sucré à du surpoids,

- d’une attirance pour l’alcool à de l’alcoolisme,

- de la lassitude à une dépression,

- de la dépression au suicide,

- de phobies à un accès psychotique,

- d’une baisse d’énergie à des infections à répétion,

- d’infections à répétition à une immuno-dépression,

- de la fatigue à une fibromyalgie...

La baisse de l’énergie et la vulnérabilité au stress, toutes deux dépendantes de la disponibilité du magnésium se conjuguent pour devenir de véritables co-facteurs de pathologies organiques, parfois mortelles.

Certaines personnes présentent certaines manifestations au stress et pas d’autres  parce que toutes ces perturbations et maladies ont des causes multifactorielles, génétiques, nutritionnelles, environnementales et comportementales. Un terrain atopique et la pollution vont favoriser des manifestations allergiques alors qu’une personnalité où le trait « obsessionnel » est puissant peut plus facilement développer une recto-colite hémorragique. Une personne née avec un frein des pulsions, la sérotonine, plus faible que l’accélérateur, la noradrénaline, sera plus à risque de dépendances.

La non considération de la vulnérabilité au stress et du déficit magnésien dans l’enseignement et la pratique médicales actuelles, engendre un ubuesque gaspillage de médicaments et réduisent considérablement l’efficacité et la tolérance des traitements médicaux, chirurgicaux ou autres, lorsqu’ils sont nécessaires. Le manque d’énergie et l’hyper-réactivité au stress empêchent les traitements d’avoir leur efficacité optimale.

La priorité de toute intervention médicale devrait être de restaurer le niveau d’énergie et de tolérance afin de donner les moyens aux patients de mieux réagir aux traitements et de mobiliser les capacités de réponse de leur organisme : immunité, modulation de l’inflammation, réparation tissulaire, vasodilatation, relaxation des muscles striés et lisses, etc...

Il est urgent que le milieu médical cesse de regarder le stress et son modulateur, le magnésium, comme des « histoires de confort » qui ne les concernent pas.

Tolérance et biodisponibilité des sels de magnésium

On distingue trois générations de sels de magnésium.
La première vient de l’Antiquité. Ce sont les sels inorganiques comme les oxydes, hydroxydes, chlorures, sulfates. Les magnésium dits « marins » sont des cocktails de toutes ces formes. Ce sont des laxatifs, très mal absorbés, qui donnent souvent des douleurs abdominales et des flatulences. Par ailleurs ces sels inorganiques peuvent déséquilibrer l’équilibre acido-basique. L’oxyde de magnésium, favorise une alcalose en réagissant avec l’acide chlorhydrique de l’estomac, et le chlorure de magnésium  une acidose. Ils sont pourtant encore sur le marché.

La deuxième génération apparue au XXème siècle combine le magnésium à des molécules organiques : lactate, pidolate, aspartate... Ils sont mieux tolérés et mieux absorbés, mais accélèrent le transit dans plus d’un tiers des cas et restent assez mal absorbés. De plus certains de ces sels peuvent avoir des effets contre-productifs. Le plus prescrit en France, le lactate, est en fait de l’acide lactique, un catabolite de l’effort dont l’accumulation entraîne fatigue et courbatures et qui est utilisé chez l’animal pour engendrer de l’anxiété ! On trouve des taux de lactate augmentés à la fois dans les états d’anxiété généralisée et dans la fibromyalgie (Murrough). Le plus prescrit en Allemagne l’aspartate, est comme, le glutamate un excitotoxique impliqué dans l’épilepsie et la mort neuronale !

Le glycérophophate de magnésium dont le caractère non laxatif a été découvert à la fin des années 1980 par le Dr Mettey, un pédiatre de Tours qui cherchait un sel de magnésium toléré à de fortes doses pour permettre la survie d’un enfant porteur d’une hypomagnésémie congénitale a permis l’apparition de magnésiums de troisième génération.

Une étude a par la suite objectivé cette différence : 20 volontaires reçoivent pendant 28 jours 400 mg de magnésium sous forme de 11 sels différents ou un placebo ; ces sels produisent une incidence de diarrhées allant de 96 % pour le sulfate à 20 % pour le phosphate, en passant par 32 % pour le lactate, alors qu’elle est de 7 % pour le glycérophosphate, l’incidence du placebo.

Il est d’autant plus important que les sels de magnésium utilisés soient non laxatifs que le stress est associé à un hyperkinétisme du tube digestif qui est déjà un facteur de transit accéléré et de malabsorption.

La rétention cellulaire du magnésium

Sous l’effet du stress, le magnésium sort des cellules et est partiellement recapté, ce qui entraîne une déperdition urinaire. Certains phénotypes présentent des capacités réduites de recapture cellulaire.

Il est donc essentiel d’associer à un sel de magnésium biodisponible un principe actif favorisant la recapture. C’est sur ce principe qu’avait été conçue la formule la plus prescrite en France, en associant du lactate de magnésium avec de la vitamine B6. La vitamine B6 à des doses pharmacologiques très élevées – près de 500 fois les apports quotidiens recommandés – a révélé des effets rétenteurs cellulaires. Mais ces doses très élevées de vitamine B6 ont engendré des accidents de neuropathie périphérique, ce qui a mené à leur interdiction.

Jean Durlach, endocrinologue de l’Hôpital Cochin, fondateur de la Société pour le Développement des Recherches sur le Magnésium, reprenant une piste proposée par le Pr Henri Laborit, a été le premier à émettre l’hypothèse que l’élévation de la taurine constatée dans les déficits magnésiens, suggérait qu’elle joue un rôle d’ »hormone épargneuse de magnésium ». De nombreuses études réalisées par la suite ont objectivé que la taurine joue un rôle synergique avec le magnésium : dans les transports ioniques, pas seulement du magnésium/calcium mais aussi du sodium/potassium, donc dans la régulation osmotique, avec un effet anti-rétention d’eau, de stabilisant des membranes cellulaires, de régulateur de récepteurs,  d’antioxydant, d’anti-inflammatoire (en neutralisant l’hypochlorite - eau de Javel - sécrétée par les globules blancs).

La taurine est un neurotransmetteur sédatif qui agit avec le GABA et la sérotonine non seulement contre l’anxiété mais aussi contre la mort neuronale et l’épilepsie via un effet modulateur sur les récepteurs NMDA. Elle est utilisée dans le traitement de l’épilepsie.

La taurine est un protecteur cardiovasculaire, qui favorise l’évacuation du cholestérol dans les sels biliaires, réduit la tension artérielle et est prescrite dans les arythmies cardiaques et l’insuffisance cardiaque.

La taurine est un inhibiteur, avec le magnésium de la pénétration de l’éthanol et des métaux lourds dans les cellules, et concourt à l’élimination des toxiques liposolubles dans les sels biliaires. Elle a des effets cytoprotecteurs sur tous les tissus étudiés : cerveau, rétine, coeur, rein, etc...

La taurine est donc un agent calmant, à la fois réducteur de la vulnérabilité aux stress de tous ordres et protecteur vis-à-vis de leurs conséquences, capable d’agir en synergie avec le magnésium et d’entraîner son épargne intracellulaire.

On trouve de la taurine principalement dans les poissons, les fruits de mer et les algues et elle peut être synthétisée dans l’organisme à partir de la cystéine. Mais la cystéine est déjà un acide aminé extrêmement demandé, dont les besoins sont augmentés par un certain nombre de stress : stress oxydatif, pollution, infections… La disponibilité du précurseur nécessaire pour répondre à la demande de synthèse peut donc être insuffisante. Par ailleurs la transformation de la cystéine en taurine requiert de la vitamine B6, dont les apports sont inférieurs aux recommandations chez 80 % des adultes et dont les besoins sont augmentés par le stress et d’autres facteurs.

La taurine peut donc être un nutriment conditionnellement essentiel, qu’il est nécessaire d’apporter pour pallier les limites des capacités de synthèse. Et ceci est encore beaucoup plus important lors de situations de stress, car l’adrénaline, l’activation des récepteurs NMDA et le déficit en magnésium sont trois facteurs qui résultent à la fois en une sortie de taurine des cellules et en une perte urinaire augmentée.

En revanche, le magnésium contribue à réduire la sortie de la taurine des cellules sous l’effet de stress divers. Le magnésium est aussi un épargneur de taurine. Autrement dit, non seulement le magnésium et la taurine agissent par des moyens différents dans la même direction, mais ils se préservent l’un l’autre.

 

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