Médecine Officielle et Thérapies Naturelles

 

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"Qu'en est-il, en fait, du clivage entre les nouvelles tendances thérapeutiques et celles officiellement reconnues? D'un côté nous avons les médecines parallèles, terme usité pour les naturopathies, exprimant clairement la connivence dans les buts et l'impossibilité d'échanger, puisque des parallèles ne se rejoignent jamais... de l'autre côté se trouvent les médecines dites traditionnelles, qualificatif usurpé car les méthodes allopathiques et chimiothérapiques n'ont que quelques décennies et ne peuvent prétendre à la tradition. Les unes traitent les autres de charlatans et les autres traitent les unes d'empoisonneurs. Opposition simpliste qui pourrait bien aboutir à la conclusion que les unes et les autres peuvent tout à la fois empoisonner et "charlataniser", ce qui présente au moins l'avantage de les mettre d'accord...

Toutes deux, en fait, exploitent le plus souvent la maladie avec opportunisme. Que deviendraient-elles si l'homme subitement se décidait à être bien portant? Hypothèse inconcevable sans doute, et pourtant toute la vraie médecine devrait travailler à sa perte, étant sensée redonner et entretenir la santé. Un médecin n'est ce qu'il est aujourd'hui que grâce au malade, et nous pourrions outrageusement poser la question: par quelle logique un thérapeute aurait-il intérêt à vraiment soigner ses patients, à moins qu'il soit animé par une évidente philanthropie, puisque ceux-ci le rémunèrent seulement s'ils sont malades. Mais ne faisons pas d'une évidence une généralité, il existe heureusement des médecins humanistes.

Tout de même ne nous leurrons pas; les querelles de chapelle entre médecines officielles et officieuses sont davantage liées à des intérêts pécuniaires qu'à des divergences d'éthique. La maladie est un créneau porteur et l'un des plus rentables. Il ne s'agit donc plus, au sortir de cette polémique, de départager les prétendus méchants des soi-disant gentils, mais bien de redéfinir l'éthique de la pratique médicale qui doit être un art, un service et non un commerce.

L'homme en quête de santé, qu'il poursuit comme une chimère, incapable de se prendre en charge, cherchant non en lui-même mais dans les remèdes extérieurs la solution miracle à ses maux "injustifiés", est la proie idéale pour l'esprit cupide qu'incarne notre siècle. Nous sommes des irresponsables, et pour comble ravis de l'être, qui nous abusons et nous détruisons mutuellement. De l'anthropophagie sociale en quelque sorte...

Prenons le spécimen du Français moyen (terme en passe de devenir un pléonasme) qui, il y a vingt ans, trouvait normal de compenser ses excès culinaires et son mal-vivre par l'absorption de barbituriques et d'amphétamines. Il constate aujourd'hui que ces innocentes substances ont hélas des effets iatrogènes que l'on n'aurait jamais osé supposer. Il change - dans la forme - car, mode oblige, il trouve plus judicieux de prendre des infusions, des huiles essentielles ou des oligo-éléments et de bénéficier du service de quelques acupuncteurs, masso-sympathico-thérapeute ou autres, sans rien modifier dans son absence de règles de vie, par crainte, sans doute, de refouler son égo.

En fait, rien n'a vraiment changé si l'on conçoit que changement soit synonyme d'évolution, et si, en naturopathie comme en chimiothérapie, on traite avec succès un herpès génital, c'est pour voir souvent apparaître dans les semaines qui suivent un herpès buccal qui, s'ils sont conjointement bloqués, assureront l'éclosion de deux orgelets! Qui déplace, remplace et l'on fidélise ainsi sa clientèle. Les maux évoluent ainsi que leurs remèdes et Monsieur spécimen maintient oeillères et déviations en oubliant que la persévérance dans la voie du "bon-vivant" fera de lui, à coup sûr, un bien mauvais mort".

Philippe Mailhebiau

 

Ce n'est pas le remède ou la médecine qu'il faut changer, mais l'idée que nous nous faisons de la santé et de la vie en général. Le remède, le plus naturel soit-il, ne sera qu'un palliatif si l'on ne remonte pas aux causes profondes de la maladie, toujours liées à des problèmes de conscience. Le drame est que nous considérons la maladie comme une chose normale, alors que la norme, qui devrait sous-entendre la qualité, serait d'être en santé.

On ne sait même plus que ce qu'est la santé et l'on admet sans discourir que la santé est l'absence de maladie, ce qui est un non-sens. C'est au contraire la maladie qui est l'absence de santé. La maladie est le vide de santé. La santé est un état de plénitude, la maladie est ce qui reste, une fois perdue cette plénitude; de la même façon que l'obscurité est l'absence de lumière et non l'inverse. 

Le plus aberrant dans l'histoire de la médecine est qu'elle s'efforce de déresponsabiliser l'homme par rapport à ses souffrances, qu'elle cherche pour cela toutes sortes de moyens et d'artifices, sans que jamais celui-ci ne change fondamentalement et radicalement son mode de vie.

On mange mal, on aime mal, on pense mal, on vit mal et l'on voudrait dans de telles conditions jouir de la santé, de la paix, du bonheur? Quelle hérésie! 

Ce n'est qu'en échangeant intérieurement que nous pourrons changer les conditions extérieures de notre existence. Les médecines, naturelles ou non, restent de toute façon antinaturelles, si elles ne font pas d'abord oeuvre pédagogique. Nous ne sommes pas près de sortir du marasme médical tant que nous persistons dans des attitudes hypocrites, palliatives, et compensatoires qui n'ont rien à voir avec les besoins réels de notre époque, qui sont plus d'ordre moral et spirituel que médicamenteux...

Nouvelles médecines? Nouvelles méthodes? C'est l'arbre qui cache la forêt. Les problèmes de la médecine seuls, ne peuvent se résoudre si on ne réforme pas en parallèle l'éducation, les relations humaines, l'économie, l'art, la philosophie, bref tous les secteurs d'activité ou l'homme s'exprime et où partout l'on ne constate qu'échecs et déceptions.

Nouvelle médecine? Impossible sans une nouvelle conscience, sans une nouvelle vie...

 

Surreal forest photograhy ellie davis 7 880

 

 

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